Vivre dans un monde parfait en étant imparfaits.

Tout se conjugue pour que la tolérance à l’imperfection soit de plus en plus faible. L’accessibilité de  biens et services à haute technologie et à compétences/processus extrêmement performants nous ont habitué à une perfection que la moindre défaillance rend intolérable.

Ce rapport à la perfection n’est pas sans marquer notre rapport au monde, aux autres et à nous même.

La loi d’amélioration continue, qui est pourtant au coeur de notre évolution, est de plus en plus difficilement acceptée.

Surtout, la tolérance aux imperfections d’autrui, mais aussi de nous-mêmes, devient de plus en plus faible.

Il y a là sans doute une des sources du « stress » que nos contemporains sont nombreux à vivre.

 

Ce stress commence par la frustration de plus en plus grande que toute défaillance génère : Un colis peut être livré en 24 h dans tous les coins du globe ;  Après 48 h d’attente, le client s’impatiente. L’accès internet par la wifi est désormais offert dans les hôtels ; Une panne, même de quelques heures, conduit le client à demander une remise voir un remboursement pour la nuit.

 

Il continue avec le regard de plus en plus intransigeant sur l’autre : l’élève insatisfait de son professeur, s’absente de son cours ; l’une ou l’autre trouve insupportable tel défaut de son conjoint et le/la quitte.

 

Ce stress est amplifié par la sévérité avec laquelle chacun se regarde vivre. Soit que l’environnement professionnel ou personnel ne réponde pas pleinement à nos aspirations ; soit que notre « fonctionnement », nos compétences, notre comportement,… nous paraissent en deçà de nos exigences « légitimes ».

 

Accepter ses imperfections, constitue souvent une première étape indispensable pour nous permettre d’évoluer tant dans notre jugement vis-à-vis d’autrui que dans notre acceptation de nous-mêmes. Il en va souvent de même de situations frustrantes que nous ne réussirons à dépasser qu’en ayant accepté leur caractère imparfait.

Voici donc une clé sur le « comment vivre dans un monde « parfait » en étant « imparfait »… avant l’avénement des robots parfaitement parfaits, eux.

 



Retour