Premier emploi, confiance en soi et hasard

Septembre, le mois de la rentrée est souvent aussi le mois du premier emploi.

A la sortie de ses études le premier emploi est déterminant dans la construction de son identité et dans son parcours professionnel mais beaucoup disent : « C’est le hasard qui a fait que j’ai obtenu ce travail ! » Au delà de l’assertion commune, « il n’y a pas de hasard », qu’en est-il ?

L’accompagnement de jeunes en début de carrière m’a permis de constater que :

• Consciemment, le choix d’un métier est souvent peu établi et, à l’intérieur de ce métier, ses modalités d’exercice/son environnement, sont peu définies.

• La relecture d’un parcours d’études apparemment chaotique permet pourtant, souvent, de vérifier les goûts et aptitudes de chacun. Une fois éliminées des voies inadaptées, notre désir véritable se clarifie et nourri des appétences intérieures.

• Le désir le plus répandu est « d’être utile », de « réussir », au sens d’être reconnu« compétent » ou « capable » et d’être accepté par ses pairs

• Ce désir est inversement proportionnel à la confiance en soi intérieur de la personne : plus celle-ci a eu l’occasion de renforcer sa confiance en soi, moins ce désir est souverain. Inversement plus l’estime de soi est fragile, plus le succès professionnel apparait à la fois impératif et « hors d’atteinte ».

Dans cette perspective, le « hasard » peut faire bien les choses, mais il peut aussi obéir à des intentions inconscientes qui ne nous conviennent pas forcément : « Etre indépendant en gagnant le plus possible d’argent », « Exercer tel métier pour être digne de… (mon père, ma mère, ma fratrie, tel héros de mon imaginaire) »… Ces injonctions ne sont pas toujours conscientes mais peuvent être si fortes qu’elles nous poussent dans une direction qui n’est pas réellement celle qui nous convient le le mieux. S’ensuivent alors des tensions de tout notre être qui, nous l’avons vu, va chercher à s’intégrer dans un milieu qui lui est fondamentalement hostile.

Un accompagnement individuel ou collectif peut nous aider à prendre conscience de ces enjeux cachés et à vérifier si nous décidons de les adopter ou pas. Ou si au contraire nous sommes habités par d’autres « intentions » plus profondes plus en lien avec nous-même.

Ensuite, nous pourrons nous en remettre au « hasard » de ce que la force de notre intention nous apportera.



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