6ème méditation : le beau et l’entreprise

Cet été, j’ai relu les « Cinq méditations sur la beauté » de François Cheng. J’ai eu envie d’en rajouter une sur le beau et l’entreprise : en voici l’amorce que je vous invite à compléter par vos commentaires.

François Cheng montre que le beau est littéralement au cœur de l’expérience humaine.

« Par essence, la beauté est une manière d’être". Le désir de beauté, non sans lien avec le désir d’éternité, habite chacun.

Force de vie et principe unificateur, la beauté, fondée sur l’unicité de chacun, est l’expression de l’âme qu’elle fait résonner chez le spectateur. Nourrie par la bonté, au sens du don de soi nourrissant l’empathie et la solidarité, la beauté est fondamentalement ce qui donne du sens (dans les trois acceptions du mot : sensation, direction et signification précise François Cheng) au paysage… comme au travail. En permettant à l’être humain de nourrir sa verticalité, dimension spirituelle, le beau rappelle que « tout est don ».

Le beau est donc la voie royale pour développer l’implication de chacun dans le projet collectif de l’entreprise.

Ce n’est pas tout à fait un scoop ! On se rappellera l’harmonie des outils façonnés à la main avec « ce petit détail gratuit » et, plus tard, le rôle du design associant « l’esthétique à la fonction » mais aussi « la beauté du geste du professionnel maitrisant son métier ».

En revanche, on parle moins souvent de la beauté dans les activités humaines et, a fortiori, dans la gestion des organisations. Au vu de ce qui précède, le rôle essentiel du beau dans l’entreprise peut être réaffirmé à plusieurs niveaux :

•   depuis les « sens », avec l’architecture, le mobilier, l’aménagement des espaces et la présence d’œuvres d’art,… ;

•   jusqu’à l’âme, « signification », avec les missions et les valeurs de l’entreprise ;

•   en passant par l’esprit, « direction », comme on parle « d’une belle démonstration mathématique », on peut parler d’une belle organisation avec de beaux processus et de belles relations humaines.

On reconnaitra la « modernité » de cette approche à l’heure où on re-découvre l’importance du sens dans le travail, dont a-contrario l’absence a été identifiée comme le premier facteur de la souffrance au travail.

Quand on se place dans cette perspective du Beau, sa relativité (« les goûts et les couleurs ! ») au profit de son caractère universel (« le coucher de soleil »), qui unit alors non seulement les membres directs du collectif (les salariés) mais aussi tous ceux qui gravitent autour et qui «rayonneront du rayonnement de l’organisation ».

Les interventions en entreprise pour redonner sa place à la beauté peuvent être aussi multiples que les différents niveaux identifiés. L’impact de ces actions est toujours surprenant pour ceux qui initient ce type d’approche.



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