L’effet de cliquet fait flop

Sur la base de notre histoire personnelle et sur celle de notre civilisation, nous voulons croire en un effet de cliquet en oeuvre dans notre développement tant personnel que sociétal. Depuis notre naissance, nous ne cessons de grandir physiquement et intellectuellement. « Une fois qu’on sait faire du vélo, c’est pour la vie ! » Nos livres d’Histoire racontent la construction, étape par étape, de notre pays. Le développement des sciences et des techniques appuie la notion de progrès continue.

 

Mais ce qui est le plus souvent vrai sur la longue durée (nous savons tout de même que « les civilisations comme les hommes sont mortelles »), ne l’est pas sur le temps court qui est le nôtre.

Cette croyance en un effet de cliquet qui nous préserverait de tout retour en arrière et garantirait nos acquis, est source de bien des désillusions et des découragements.

 

Tout débutant, à mon arrivée dans un grand groupe de l’aéronautique, j’avais été stupéfait de constater que bien des procédures élémentaires n’étaient pas en place : je pensais que tout cela devait solidement exister. J’ai découvert ensuite que ces procédures avaient bien été mises en place mais les changements d’organisation et de personnes les avaient fait disparaitre.

 

Combien de fois constatons-nous que tel comportement que nous avions adopté et cru ancré dans notre vie, disparaissent pour laisser réapparaitre des attitudes que nous avions rejetées ? Depuis les périodes où la méditation du matin installée comme une routine devient difficile, jusqu’à l’habitude de fumer ou de boire, qui après avoir été abandonnée  redevient soudain impérative.

 

Accepter cette variabilité (l’impermanence) et comprendre que ces « hauts et ces bas » font partis d’un même continuum, nous ouvre à appréhender le réel non plus en catégorisant et en opposant (approche dualiste) mais en reconnaissant que ces différents moments sont les formes d’un tout cohérent et uni. En apaisant nos conflits intérieurs, nos culpabilités et la portée de nos jugements, nous pouvons mieux nous accepter et accepter les autres.

 



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