Gérer le bourreau en soi.

Dans les situations un peu ou très difficiles, nous tendons tous à parler de l’Autre, cause du
problème. Dans cette position de « victime », nous imaginons des scenarii pour le (con)vaincre de
changer…et passons beaucoup de temps à soliloquer ou à partager avec les autres autour de ces
deux axes : en quoi l’Autre est « mauvais » et comment nous pourrions le « faire changer ».
Lorsque l’on regarde la situation avec un peu de recul - position de l’accompagnateur ou coach - il
est fréquent de constater que :
• La situation s’est détériorée largement sous l’effet de la réaction de la personne « victime »
qui a réagi en fonction de ses émotions, de son histoire, de sa sensibilité, de son contexte,

• L’Autre est autre et à ce titre ne se soumet pas à la volonté de « la victime » surtout pour
un changement qu’elle ne souhaiterait ou ne pourrait pas faire. L’échec successif des
stratagèmes en ce sens aggrave la frustration de la « victime » et dégrade encore
davantage la situation,
• Plus profondément, c’est souvent ce qui habitait la « victime » au moment de l’action
déclenchant la situation qui est à l’origine de la réaction du « bourreau ».
Il en résulte qu’on se rend compte que le plus difficile n’est pas de « gérer l’autre » mais de nous
gérer, gérer nos émotions et surtout le « bourreau/victime » en nous.
Ce qui aide le plus les personnes dans cette situation c’est souvent de :
• Partager ce constat,
• Permettre à la personne de se reconnecter à son être profond,
• Renouer avec un sentiment de bienveillance ou de reconnaissance vis à vis de soi et de
l’Autre,
• Prendre conscience de ce qui l’habitait au moment de la situation originelle et de ce qui l’a
habité par la suite,
• Aider à formaliser ce qu’elle voudrait dans une situation analogue, identifier les ressources
dont elle aurait besoin et comprendre comment les mobiliser ici et maintenant pour faire
évoluer sa perception de la situation,
• Mesurer ensemble les changements apparus dans la situation et s’en féliciter.
Ceci s’applique aussi aux coachs dont une bonne part du travail consiste à « se gérer », gérer ses
émotions, ses idées, ses conseils,… dans sa relation à la personne accompagnée.

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