Faut il avoir peur de ses peurs ?

Dans un contexte d’incertitude croissante par une stratégie des entreprises de plus en plus changeante, de pression accrue sur la performance individuelle et de procédures de licenciement « facilitées », la peur devient de plus en plus présente dans le quotidien des salariés.

Cette peur joue évidemment un rôle positif pour générer des réactions appropriées aux risques, réels, qui peuvent exister : assurer la survie de l’individu par une plus grande vigilance, une accélération des réactions, une mobilisation des ressources disponibles, une concentration,..

En revanche,  très facilement, elle peut devenir un poison affectant toute la vie de la personne marquée par de l’inhibition, des réactions incontrôlées ou disproportionnées, alternativement de la tristesse et de la colère,…

Nous avons observé que, le plus souvent, la peur se transforme en poison quand elle devient omniprésente. C’est  fréquemment le cas lorsque, suite à un « accident » (licenciement abusif, « placardisation »,…), la personne voit le danger partout, par un processus  bien connu de généralisation : « J’ai eu un accident de voiture, donc toutes les voitures sont dangereuses ». C’est aussi le cas lorsque des croyances négatives se forgent comme « ils peuvent licencier à tout moment » ou « ils veulent licencier tout ceux qui ne viennent pas de notre industrie ». Comme toutes croyance, celles-ci peuvent se construire à partir de deux voire d’un seul événement : un ou deux salariés, appréciés, ont été licencié brutalement, sans être autorisés à dire au revoir à leurs collègues,  donc « ils peuvent licencier à tout moment ». Deux salariés, voire un seul, ont été licenciés alors qu’ils avaient été embauchés récemment, donc « ils cherchent à se séparer des dernières recrues qui remettent en cause le fonctionnement de l’entreprise ».

On le voit, dans ces cas là, le plus important est de parvenir à « ramollir » la croyance. Revenir aux faits pour permettre de reconsidérer la généralisation est alors nécessaire. Les deux salariés qui ont été licencié l’ont été pour des raisons particulières non divulguées pour ne pas porter atteinte à leur réputation : vol, état d’ivresse,… Les deux nouveaux salariés  ont été licenciés pour des raisons différentes : changement d’organisation pour l’un, erreur de recrutement pour l’autre qui n’avait pas les compétences requises ou le portefeuille client qu’il prétendait avoir. Ou encore sur les 50 personnes recrutées, seulement deux ont été licenciées.

Evidemment plus tôt on peut travailler sur ses peurs et vérifier leur réalité, plus vite on peut améliorer sa capacité à évaluer les risques.



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