Cadrer dans l’empathie : mission impossible ?

Depuis que l’on reconnait l’importance de l’intelligence émotionnelle pour les cadres, leur rôle leur parait encore plus difficile. En effet, nombreux sont ceux pour lesquels être en empathie avec leur équipe signifie être plus proche, avec pour contrepartie de se sentir moins à l’aise pour en « recadrer » un(e) des membres : « Je suis proche d’elle. Il ne m’est donc pas facile de la recadrer. »

Paradoxal : il semble en effet a priori plus facile de cadrer un membre de son équipe quand la relation est établie sur des bases de respect mutuel et de reconnaissance réciproque des émotions pouvant nous traverser, qu’à froid, à partir d’une position d’autorité.

Mais cette difficulté résulte de :

•   L’amalgame entre « être en empathie », au sens de comprendre les émotions de l’autre, et « être proche » au sens d’être ami(e).

•   Evidemment, implicitement, celle-ci est aussi liée à la question du cadre qui a été posé, ou non, au début de la relation : Il est plus facile de recadrer par rapport à des règles explicitement fixées que de cadrer en référence à des « règles socialement admises » mais non explicites !

•   Enfin, elle tient à la confusion, assez courante, que la posture d’autorité requise pour cadrer repose sur de l’autoritarisme, c’est à dire l’imposition de règles plus ou moins arbitraires, à un autre distancié qui n’est pas pris en compte en tant que personne singulière.



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