L’après se prépare avant !

Il nous faut d’ors et déjà penser et préparer la sortie de crise.

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, nous vivons le plus facile : le confinement et la gestion de la crise sanitaire. Le confinement est pénible mais sécuritaire. Il est toujours plus facile d’être dans le feu de l’action en réaction à un danger, même invisible, que de construire le futur surtout lorsque celui-ci est littéralement à réinventer.

La sortie de crise sanitaire ne sera pas la grande fête de la libération avec danses et embrassades. D’une part,  parce qu’elle sera probablement progressive. D’autre part,  parce qu’elle nous fera entrer dans une crise économique, financière , sociale et politique profonde avec ce que cela comportera de frustration sur nos besoins de base physiologiques (On a pu en constater l’importance quand les magasins ont été dévalisé) et de sécurité (Déjà 25% des habitants en France ont une arme, 30% en Allemagne, Autriche, Suède,…).

 

La crise économique est assez facile à décrire :

  •  Explosion du chômage lié à une baisse massive de l’activité tous secteurs confondus et
  •  Faillite de beaucoup de commerces mais aussi de TPE, de PME voire de plus grands Groupes surendettés qui ne pourront faire face à la chute brutale de leur chiffre d’affaires  et remboursement de leurs prêts,
  • Affaiblissement des banques qui ont perdu beaucoup d’argent dans la chute des cours de Bourse, devront négocier des rééchelonnements de prêts, feront face à des défaillance d’emprunteurs et verront leurs encours de prêts réduits du fait du ralentissement économique et de leur propre fragilité,
  • Effondrement du cours des actions qui ne remontera que très progressivement, 
  • Forte baisse des prix de l’immobilier du fait de l’arrêt des prêts bancaires, (accordés de façon déjà plus restrictive depuis janvier 2020), de l’appauvrissement des acteurs économiques, de la prudence des investisseurs étrangers et d’un comportement général attentiste confortant une tendance antérieure à la baisse des prix,
  • Faiblesse de la consommation intérieure qui ne retrouvera pas, au moins à moyen terme, son niveau antérieur à la crise. 
  • Réduction du pouvoir d’achat des salariés avec un salaire annuel réduit,
  • état de démobilisation très important, après deux mois d’inactivité et une forte pression psychologique (peurs, promiscuité du confinement, rupture des liens sociaux,…) 
  • Attentisme des acteurs et en particuliers des consommateurs, 
  • Endettement des Etats : déjà très endettés depuis la crise de 2008, ils le seront encore davantage. Leurs marges de manoeuvre budgétaires seront inexistantes. 
  • Au niveau de la BCE, la création monétaire atteindra rapidement ses limites sauf à faire exploser la monnaie unique,
  • Au niveau européen, une quelconque discipline économique mais aussi politique (respect des règles démocratiques,…) sera impossible à faire respecter.
  • Les Etats membres, après avoir sorti des dizaines voire des centaines de milliards pour « relancer l’économie », ne pourront résister aux demandes multiples d’augmentation de la dépense et, a fortiori, faire accepter la moindre économie.

De l’ensemble de ces facteurs résultera un appauvrissement général, qui débouchera, de façon plus ou moins violente et plus ou moins rapide, sur une crise sociale en fonction du temps durant lequel les Gouvernements pourront payer pour  permettre de survivre aux « pauvres » (déjà 9,3 millions en France 2018 pour 26,9 millions d’actifs ayant un emploi, probablement 13 millions en 2020 après la crise).

Il en résultera une crise politique qui sera amplifiée, entre autres, par  :

  • un phénomène de rejet de la dérive totalitaire (contrôle de la vie privée) des Etats qui ont mis en place des mécanismes et des outils de contrôle de la population comme jamais auparavant,
  • la prise de conscience de l’impuissance relative des gouvernements face aux enjeux planétaires,  
  • la montée de la xénophobie et du souverainisme, 
  • l’exigences d’une partie croissante de la population de mettre en oeuvre une politique de « développement durable » qui demandera une conversion complète de l’économie très difficile à mettre en oeuvre sans une coordination planétaire, faute de quoi tout terrain » abandonné » par l’un, serait repris par l’autre.

 Il semble que la seule façon de sortir par le haut de cette crise est de travailler, dès maintenant, sur deux axes  :

  • Le niveau de conscience de nos sociétés, d’une part, 
  • une panoplie de mesures très précises, d’autre part.  

Seule l’élévation du niveau de conscience individuelle et collective permettra au peuple de reprendre la main face à des gouvernements, qui seront tentés de prolonger les mesures d’exception. C’est également  grâce à ce niveau de conscience que nous pourrons restaurer la primauté du politique en instaurant de nouvelles règles mettant fin à de multiples dysfonctionnements à commencer par la finance mais aussi notre modèle économique en modifiant notre conception de la croissance fondée sur la consommation.

Ce niveau de conscience à la fois politique (le vivre ensemble) et spirituel (notre interdépendance vitale entre êtres humains et avec la planète.) demande un travail long et exigeant. Il y a déjà des signes d’un mouvement en ce sens :

  • Triplement en 25 ans des adeptes du bouddhisme (5 millions de sympathisants)
  • Développement des adeptes du yoga (2,6 millions de pratiquants en 2019 versus 1,8 en 2018)
  • Accroissement du nombre de personne adoptant des modes de vie alternatifs (ex : Colibri de Pierre Rabhi  : 80 000 personnes en 2016 ; 336000 likes sur FB).

Il faudra parallèlement définir de nouvelles règles pour réguler les activités financières et économiques .

Une des clés du succès pour cet « après » sera d’être prêt dès la « sortie de crise ». Sinon d’une part, les mesures temporaires deviendront définitives et, d’autre part, le réflexe du « retour à la normal » l’emportera sur la nécessité de revisiter en profondeur notre sytème, jusqu’au prochain effondrement.

Trois propositions émergent donc :

  1.  Que tout ceux qui peuvent concourir à cette élévation de notre conscience s’investissent  dès maintenant, pleinement dans leur mission. Je pense aux Eglises mais aussi à des professions aussi diverses que les professeurs de Yoga, les formateurs aux techniques de communication non violentes, les philosophes, les enseignants et tout ceux, qui de façon générale, font métier d’aider les autres à établir des relations plus confiantes et plus conscientes. Il y a déjà dans tous les pays un élan véritable vers cette conscience . Nous ne pouvons que souhaiter que cet élan s’amplifie. Le respect de la diversité et l’ampleur de la tâche à accomplir justifient que l’on fasse appel au plus grand nombre. 
  2. Que des groupes de travail par domaine réfléchissent à des modes de fonctionnement et à des règles associées qui permettent de mettre en oeuvre un nouveau modèle de société. Idéalement , ces groupes de travail devraient être internationaux car il n’y aura de solution que mondiale. Ils devraient aussi être, au moins dans un second temps, multi fonctionnels, pour permettre des regards croisés sur les différents aspects de notre société.
  3. Que des groupes supports - facilitation, communication, réseaux sociaux,… - se mettent en place pour assurer l’animation de ces groupes et la diffusion de leurs idées. Ils pourront aussi faire de la veille sur les autres démarches et permettre le partage des réactions des populations.

Si vous avez le désir de vous impliquer sur ces sujets en profitant du temps offert par le confinement, dites le nous et partagez.



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